Dirk D. schrieb:
Hallo,
wei� jemand, warum Kenkel in seinem Werk "Baltische Familiennamen" von 1736,
Personen als "Litauer" f�hrt, obwohl sie keine litauischen/baltischen Namen
haben?
Danke,
Dirk
Du meinst sicher die Liste der K�lmer und Amtsbauern. Kenkel �bernimmt die
Bezeichnungen der Quellen. Dort sind wohl auch alteingesessene Deutsche als
"Litthauer" bezeichnet. So merkw�rdig das heute klingt, "Litthauen" war damals
der gel�ufige Name f�r das n�rdliche Ostpreu�en. Siehe folgenden Brief von
Friedrich dem Gro�en an Voltaire, wo er �ber die Hilfsma�nahmen seines Vaters in
Ostpreu�en berichtet. Er nennt einer Zahl von einer halben Million Einwohnern
und nennt sie "Lithuaniens". Die Litauer stellten vielleicht die H�lfte der
Bev�lkerung, der Rest war deutsch, masurisch, salzburgerisch etc.
Lutz Szemkus
Insterbourg, 27 juillet.
Mon cher ami, nous voici enfin arriv�s, apr�s trois semaines de marche, dans un
pays que je regarde comme le non plus ultra du monde civilis�. C�est une
province peu connue de l�Europe, mais qui m�riterait cependant de l��tre
davantage, parce qu�elle peut �tre regard�e comme une cr�ation du roi mon p�re.
La Lithuanie prussienne est un duch� qui a trente grandes lieues d�Allemagne de
long, sur vingt de large, quoiqu�il aille en se r�tr�cissant du c�t� de la
Samogitie. Cette province fut ravag�e par la peste, au commencement de ce
si�cle, et plus de trois cent mille habitants p�rirent de maladie et de mis�re.
La cour, peu instruite des malheurs du peuple, n�gligea de secourir une riche et
fertile province, remplie d�habitants, et f�conde en toute esp�ce de
productions. La maladie emporta les peuples; les champs rest�rent incultes, et
se h�riss�rent de broussailles. Les bestiaux ne furent point exempts de la
calamit� publique. En un mot, la plus florissante de nos provinces fut chang�e
en la plus affreuse des solitudes.
Fr�d�ric Ier mourut sur ces entrefaites, et fut enseveli avec sa fausse
grandeur, qu�il ne faisait consister qu�en une vaine pompe, et dans l��talage
fastueux de c�r�monies frivoles.
Mon p�re, qui lui succ�da(455), fut touch� de la mis�re publique. Il vint ici
sur les lieux, et vit lui-m�me cette vaste contr�e d�vast�e, avec toutes les
affreuses traces qu�une maladie contagieuse, la disette, et l�avarice sordide
des ministres, laissent apr�s eux. Douze ou quinze villes d�peupl�es, et quatre
ou cinq cents villages inhabit�s et incultes, furent le triste spectacle qui
s�offrit � ses yeux. Bien loin de se rebuter par des objets aussi f�cheux, il se
sentit p�n�tr� de la plus vive compassion, et r�solut de r�tablir les hommes,
l�abondance et le commerce, dans cette contr�e qui avait perdu jusqu�� la forme
d�un pays.
Depuis ce temps-l� il n�est aucune d�pense que le roi n�ait faite pour r�ussir
dans ses vues salutaires. Il fit d�abord des r�glements remplis de sagesse; il
reb�tit tout ce que la peste avait d�sol�; il fit venir des milliers de familles
de tous les c�t�s de l�Europe. Les terres se d�frich�rent, le pays se repeupla,
le commerce fleurit de nouveau, et � pr�sent l�abondance r�gne dans cette
fertile contr�e plus que jamais.
Il y a plus d�un demi-million d�habitants dans la Lithuanie; il y a plus de
villes qu�il n�y en avait, plus de troupeaux qu�autrefois, plus de richesses et
plus de f�condit� qu�en aucun endroit de l�Allemagne. Et tout ce que je viens de
vous dire n�est d� qu�au roi, qui non seulement a ordonn�, mais qui a pr�sid�
lui-m�me � l�ex�cution, qui a con�u les desseins, et qui les a remplis lui seul;
qui n�a �pargn� ni soins, ni peines, ni tr�sors immenses, ni promesses, ni
r�compenses, pour assurer le bonheur et la vie � un demi-million d��tres
pensants, qui ne doivent qu�� lui seul leur f�licit� et leur �tablissement.
J�esp�re que vous ne serez point f�ch� du d�tail que je vous fais. Votre
humanit� doit s��tendre sur vos fr�res lithuaniens comme sur vos fr�res
fran�ais, anglais, allemands, etc., et d�autant plus qu�� mon grand �tonnement
j�ai pass� par des villages o� l�on n�entend parler que fran�ais.
J�ai trouv� je ne sais quoi de si h�ro�que dans la mani�re g�n�reuse et
laborieuse dont le roi s�y est pris pour rendre ce d�sert habit�, fertile et
heureux, qu�il m�a paru que vous sentiriez les m�mes sentiments(456) en
apprenant les circonstances de ce r�tablissement.
J�attends tous les jours de vos nouvelles d�Enghien. J�esp�re que vous y jouirez
d�un repos parfait, et que l�ennui, ce dieu lourd et pesant, n�osera point
passer par les bras d��milie pour aller jusqu�� vous. Ne m�oubliez point, mon
cher ami, et soyez persuad� que mon �loignement ne fait qu�augmenter
l�impatience de vous voir et de vous embrasser. Adieu.
F�d�ric.